Abstracts : Parkinson et mouvements anormaux

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  • Etude polysomnographique des troubles respiratoires du sommeil dans l'Atrophie Multisystématisée : impact du syndrome d'apnées du sommeil dans l'évolution de la maladie
    Abstract : F01 – Présenté sous forme de : Communication orale
    DELAMARRE Anna (Bordeaux) - Inter-Région : Sud-Ouest


    Cette étude rétrospective monocentrique au centre de référence AMS du CHU de Bordeaux était basée sur le recueil des données clinico-démographiques et de polysomnographies (PSG) réalisées sans point d’appel clinique. Les patients étaient suivis de façon annuelle avec des échelles cliniques validées dans l’AMS, concernant l’évolution motrice et l’autonomie (UMSARS) et la dysautonomie (COMPASS-31), la qualité de vie (MSA-QoL). Le suivi du SAS était possible à travers les PSG successives réalisées pour certains patients.

    Sur 95 patients inclus, 58% avaient un SAS, défini par un index apnée/hypopnée (IAH) supérieur ou égal à 15. Les patients avec et sans SAS avaient des caractéristiques clinico-démographiques équivalentes en dehors de tendances à une progression motrice plus rapide, plus d’AMS-cérébelleuses, un âge de début de maladie et un indice de masse corporelle plus élevés dans le groupe SAS. En présence de SAS, on retrouvait plus de micro-éveils et de respiration périodique. Au cours du suivi, dans le groupe sans SAS à l’inclusion, on notait une augmentation de l’IAH et 37.5% de SAS. L’IAH était réduit par la ventilation mécanique à pression positive continue avec 91% d’IAH résiduels inférieurs à 15. Il existait une tendance à une réduction de la survie en présence d’un SAS. En analyse multivariée, l’IAH n’était pas un facteur pronostique de survie significatif.

    Nous n’avons pas pu mettre en évidence de différences significatives entre les groupes avec et sans SAS dans l’évolution de la maladie ou la qualité de vie. Néanmoins, dans le groupe SAS, on retrouve une tendance à une durée d’évolution de la maladie plus courte à l’inclusion mais une évaluation de la sévérité de la maladie comparable au groupe sans SAS. Il existait aussi des tendances à une progression plus rapide à 1 an de suivi (sur l’UMSARS I+II) et une durée d’évolution de maladie au décès plus courte. L’ensemble de ces paramètres est en faveur d’une maladie d’évolution plus rapide dans le groupe SAS. En analyse multivariée de survie, selon le modèle de Cox, la présence d’apnées du sommeil ne semble pas être un facteur pronostique significatif face à la sévérité clinique de la maladie (motrice en particulier), évaluée par l’échelle UMSARS. En revanche, on peut supposer que le SAS est le marqueur d’un processus neurodégénératif plus diffus ou d’évolution plus rapide, associé de façon indirecte à la survie.

    Bien que retrouvé pour 58% des patients AMS, le SAS ne semble pas avoir d’effet direct sur la survie des patients en analyse multivariée. Dans le futur, la poursuite de ces travaux pourrait permettre d’étudier l’impact du traitement du SAS par ventilation mécanique sur la survie dans l'AMS.
     

 

  • Etude des lésions des faisceaux de substance blanche chez les patients parkinsoniens opérés d’une stimulation du noyau sous thalamique.  Conséquences sur la fluence verbale.
    Abstract : F02 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    COSTENTIN Guillaume (Rouen) - Inter-Région : Nord-Ouest


    Nous avons analysé rétrospectivement 48 patients parkinsoniens implantés pour une STN-DBS. Les trajectoires des électrodes recueillies à partir des TDM cérébrales post opératoires étaient placées dans le référentiel MNI152. L’analyse des données, i.e. la probabilité pour chaque faisceau de substance blanche d’être lésé et la proportion de faisceaux lésés, était réalisée avec le logiciel Tractotron. La fluence verbale était évaluée en pré-opératoire et 6 mois après l’intervention.

    Nous avons identifié six principaux faisceaux lésés par les électrodes : le faisceau Frontal aslant, le faisceau Supérieur Longitudinal, le faisceau Inférieur Longitudinal, le faisceau Arqué, les faisceaux Fronto-striataux et les Radiations Thalamiques Antérieures. Nous n’avons pas montré de corrélation entre l’étendue de l’atteinte des faisceaux de substance blanche et la sévérité du déclin post-opératoire de la fluence verbale.

    Nous avons ainsi montré que des faisceaux de substance blanche étaient lésés durant la chirurgie. Certains de ces faisceaux jouent un rôle majeur dans les fluences verbales. Cependant, nous n’avons pas trouvé de corrélation statistique entre l’importance des lésions et la sévérité du déclin de fluence verbale. L’influence du courant de stimulation, le délai de réalisation des tests de fluence par rapport à la chirurgie, ainsi que les limites liées à l’utilisation d’un atlas, et à l’existence de certains faisceaux décrits dans la littérature, mais non étudiés ici, peuvent expliquer ce résultat.

    Notre étude montre que les trajectoires des électrodes implantées pour une STN-DBS traversent plusieurs faisceaux de substance blanche qui connectent différentes aires cérébrales impliquées dans la fluence verbale.
     

 

  • Tolérance et efficacité du traitement par pompe à Duodopa chez les patients présentant une maladie de Parkinson avancée dans la cohorte lilloise
    Abstract : F03 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    BLAISE Anne-Sophie (Lille) - Inter-Région : Nord-Ouest


    Nous avons analysé de manière rétrospective les données concernant les effets secondaires chez tous les patients parkinsoniens traités par pompe à Duodopa de 2004 à 2017 et évalué son efficacité à l'aide de l'échelle d'impression clinique globale (CGI) et par le score MDS-UDPRS III chez les patients toujours traités par Duodopa à la fin de l’étude.

    Sur 63 patients traités par Duodopa sur une période moyenne de 19 mois, 90% ont présenté au moins un effet secondaire, pour un total de 340 complications. Il s'agissait d'un problème en relation avec la procédure de mise en place de la gastrostomie per cutanée (GPE) ou des effets gastro-intestinaux pour la majorié d'entre eux (69,8% des patients), principalement un bourgeon charnu, des fuites ou une infection locale. Les complications en rapport avec le dispositif lui-même, telles qu'un retrait accidentel de GPE ou une occlusion de sonde concernaient 63,5% des patients et représentaient la plupart des effets secondaires graves. 68 % des patients ont nécessité au moins un geste endoscopique supplémentaire en raison d’une complication. 47.6 % des patients ont présenté un effets secondaire lié à la dopathérapie. Les effets secondaires survenaient principalement à distance de l’introduction du traitement. Toutefois, 84,4% des patients s’estimaient améliorés sous traitement selon la CGI.

    Une large marjorité de nos patients ont présenté au moins une complication sous pompe à Duodopa, 25% d'entre elles étaient considérées comme graves, comme cela avait déjà été décrit dans certaines études. Elles conduisent cependant rarement à un arrêt de traitement. En France, la présence de troubles cognitifs n'est pas une contre-indication absolue à l'introduction de ce traitement, cependant, la présence de troubles comportementaux pourrait favoriser la survenue de certaines complications, et mériterait d'être étudiée.

    Malgré un taux élevé d'effets indésirables, les patients présentant une maladie de Parkinson évoluée tirent un bénéfice du traitement par pompe à Duodopa.Son utilisation nécessite la présence d'une équipe multi-disciplinaire expérimentée sur place afin d'optimiser la prise en charge de ces complications.
     

 

  • Effets de la stimulation du noyau subthalamique sur la marche et l'équilibre dans la maladie de Parkinson : approche clinique, cinématique et posturographique
    Abstract : F04 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    AFONSO DELGADO Lidia (Bordeaux) - Inter-Région : Sud-Ouest


    Une étude de cohorte historique a été réalisée à partir de l'essai PARKEO. L’évaluation clinique était basée sur la partie 3 de UPDRS, l’item marche, l’item stabilité posturale et un score composite axial. L’étude de la marche était basée sur une analyse cinématique qui tenait compte de la vitesse de marche, la cadence, la durée du double appui, la longueur du pas, la vitesse et le déplacement du tronc. L’équilibre était évalué en posturographie en étudiant l’aire contenant 95% des déplacements du centre de pression (CoP), la distance et la vitesse de déplacement du CoP.

    18 patients ont été inclus. La SCP améliorait les scores cliniques, à l’exception de l’item stabilité posturale, elle augmentait la vitesse et le déplacement du tronc lors de la marche et diminuait la vitesse de déplacement latéro-médiale du CoP. Les bénéfices de la SCP sur la cinématique étaient corrélés à la dopa-sensibilité de l’UPDRS III préopératoire.

    Par rapport aux données de la littérature, les patients opérés dans notre étude sous AG voient leurs signes axiaux à 3 mois moins améliorés par rapport aux signes axiaux des patients opérés sous AL. Ces données sont préliminaires et restent à confirmer à plus long terme en les comparant à des patients opérés sous AL dans le même centre.

    La SCP des NST sous AG n’a pas montré de bénéfice équivalent à l’intervention sous AL sur la marche et l’équilibre.
     

 

  • Accuracy of clinical diagnosis of atypical parkinsonism: comparison of consensus clinical criteria with MRI criteria
    Abstract : F05 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    DUPONT Gwendoline (Dijon) - Inter-Région : Grand-Est


    Résumé en cours de rédaction.






     

 

  • Impulsivité des patients atteints de la maladie de Huntington :approche chronométrique et électromyographique au cours d’une tâche de Simon et analyse en TEP-18FDG du métabolisme cérébral
    Abstract : F06 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    GRIMALDI Stephan (Marseille) - Inter-Région : Sud


    21 patients atteints de MH (UHDRS moteur ≤ 35) ont réalisé une évaluation clinique, comportementale, cognitive, une Tâche de Simon couplée à un enregistrement de l’activité électromyographique (EMG) et une TEP18FDG cérébrale de repos. Pour chaque association stimulus-réponse générée par la tâche de Simon (congruente ou incongruente), ont été analysés les taux d’erreurs, d’ébauches d’erreurs, d’activations incorrectes (TAI), de correction (Tc) puis les temps de réaction (TR), Temps Pré-moteurs (TPM), Temps Moteurs (TM) des réponses enregistrées. Les données ont été comparées à celles d’un groupe de sujets sains. ANOVA et corrélations réalisées avec le logiciel Statistica ; les analyses TEP avec le logiciel SPM.

    Les patients avaient tendance à produire plus d’erreurs (p=0,08) que les témoins sans diminution du Tc (p>0,05). Il n’y avait pas d’interaction entre la congruence et la maladie (p>0,05) même pour les essais les plus rapides. Par contre, pour les essais les plus rapides, les patients tendaient à faire plus d’AI (p=0,09) que les contrôles avec, en congruent, un niveau de réponse proche du hasard (55,4% de réponses correctes) non retrouvé chez les contrôles (72,2%, p=0,06). Les TR et TPM de tous les essais étaient plus long chez les MH (p<0,01). L’analyse en TEP cérébrale (p<0.001, k≥ 63 voxels) a révélé un hypométabolisme striatal et des noyaux lenticulaires inversement corrélé à l’UHDRS (r = - 0,56, p<0,05), au taux d’ébauches d’erreurs et au TAI (r = - 0,64, p<0,05). Elle a aussi révélé un hypométabolisme de plusieurs régions corticales (frontales, pariétales, temporales). Enfin elle a révélé un hypermétabolisme thalamique, cérébelleux et pré-frontal corrélé aux taux d’erreurs, d’ébauches d’erreurs et au TAI (r = 0,54, p<0,05). Cliniquement, les scores UPPS (p<0,05) et BDI (p<0,001) étaient plus élevés chez les patients.

    Il existe une impulsivité, chez les patients avec MH au début de la maladie, qui semble être en lien avec une augmentation de la tendance à répondre sur la base d’un pari, et ce dans un contexte de dépression et d’apathie plus importante. Ceci s’expliquerait par une altération du striatum entraînant une levée d’inhibition des voies excitatrices thalamo-corticales et cérébelleuses impliquées dans l’exécution du mouvement. Ainsi, l’activation motrice des réponses préparées avant le stimulus (les paris) serait facilitée et déclenchée par le stimulus.

    Il existe une impulsivité, chez les patients avec MH qui semble être en lien avec une augmentation de la tendance à répondre sur la base d’un pari, et en lien avec une levée d’inhibition des voies excitatrices thalamo-corticales et cérébelleuses. Le recrutement d'un plus grand nombre de patients est nécessaire à la fois pour confirmer ces résultats et réaliser des analyses de connectivité sur le plan du métabolisme cérébral.