Abstracts : Neurovasculaire

Cliquez sur les titres pour lire le résumé complet

 

  • Impact de la pression artérielle initiale et de la variabilité de la pression artérielle chez des patients souffrant d’infarctus cérébral et traités par thrombectomie mécanique
    Abstract : E01 – Présenté sous forme de : Communication orale
    MAIER Benjamin (Paris) - Inter-Région : Ile de France


    Nous avons inclus les patients du registre ETIS de Janvier 2012 à Juin 2016 présentant un IC avec une OAP de la circulation antérieure ou postérieure. 1042 patients ont été analysés pour cette première étude.Dans une deuxième étude, 343 patients ont été inclus avec analyse de l’impact de la variabilité de la PP pendant la TM sur le pronostic fonctionnel à 3 mois.

    1042 patients ont été analysés pour cette première étude : l’association entre la PA à l’admission et la mortalité décrivait une courbe en U avec les plus forts taux de mortalité pour des PA systoliques basses ou élevées (respectivement OR = 3,78 ; intervalle de confiance -IC- à 95% = 1,50-9,55 et OR = 1,81 ; IC à 95% = 1,01-3,36). Le nadir de la relation entre la mortalité et la PAS était à 157 mmHg (IC à 95% = 143-170). Le taux d’évolution clinique favorable (mRS 0-2) à 3 mois était plus important pour des PA systoliques initiales basses et faible pour des PA initiales élevées supérieures à 177 mm de Hg, suivant une relation non-linéaire. La variabilité de la PP (coefficient de variation) était significativement associée à l’aggravation du mRS à 3 mois (régression logistique ordinale) en analyse univariable et multivariable (OR ajusté = 1,40 ; IC à 95% = 1,09-1,79 ; P = 0,008). La variabilité de la PP était également associée à l’évolution défavorable (mRS entre 3-6 à 3 mois) en analyse univariable (OR = 1,53 ; IC à 95% = 1,17-2,01 ; P = 0,002) et en analyse multivariable (OR ajusté = 1,42 ; IC à 95 % = 1,02-1,98 ; P = 0,04).

    Notre travail illustre la complexité de la prise en charge de la PA à la phase aiguë de l’IC en présence d’une OAP. Les relations différentes entre la PAS à l’admission et la mortalité d’une part et avec le mRS à 3 mois d’autre part suggèrent une physiopathologie complexe et la nécessité d’une stratégie thérapeutique adaptée à chaque patient. D’autres marqueurs hémodynamiques sont nécessaires à la phase aiguë afin de mieux monitorer les patients : la PP pourrait ainsi mieux décrire la variabilité de la PA chez les patients vasculaires.

    D’autres études sont nécessaires afin de tester l’intérêt d’un traitement à la phase aiguë de la variabilité tensionnelle, l’identification de la cible de PA à atteindre et par quel moyen.
     

 

  • Récidive à long terme du syndrome de vasoconstriction cérébral réversible : suivi prospectif de 173 patients
    Abstract : E02 – Présenté sous forme de : Communication orale
    BOITET Rosalie (Montpellier) - Inter-Région : Sud


    Le devenir à long terme (>5 ans) après un syndrome de vasoconstriction cérébral réversible (SVCR) n’a pas encore été étudié. Notre objectif était de déterminer les taux de récidive de céphalées en coup de tonnerre (CCT), de récidive de SVCR, de mortalité cardiovasculaire (MCV) et d’accident vasculaire cérébral (AVC) après un 1er SVCR (SVCR1). Des 173 patients recrutés à Lariboisière de 2004 à 2013, 172 ont eu un suivi supérieur à 6 mois. Le suivi était réalisé par des consultations à 3, 6, 12 et 18 mois puis par téléphone, mail ou courrier, avec un dernier contact de mars 2017 à février 2018.

    172 patients (99,4% de répondeurs) ont été suivis pendant une durée moyenne de 110 +/- 40 (6 – 196) mois. Vingt-huit patients (16%) ont présenté une récidive de CCT, dont 10 (5,8%) ont eu un diagnostic de SVCR récidivant (0.65/100 personnes/an; IC 95% 3,29 – 11,54), après un délai moyen de 78 ± 46 (12 – 143,5) mois suivant le SVCR1. Une femme (0,6%) a eu un 3ème SVCR.

    Les facteurs de risque indépendants identifiés étaient l’effort physique comme facteur déclenchant (FD) du 1er SVCR (OR = 6 ; IC [1,5-23,7] ; p<0,01) et le développement d’une hypertension artérielle après le SVCR1 (OR = 4,8 ; IC [1,3-19,2] ; p<0,05). Un homme de 46 ans est soudainement décédé de mort cardiovasculaire (0,6%). Une patiente a présenté un AVC (0,6%), au décours d’une récidive de SVCR. Sur 11 accouchements lors du suivi, un (9%) a occasionné une récidive de SVCR en post-partum.

    Notre étude de suivi prospectif a porté sur une cohorte de 173 patients atteints de SVCR prouvé avec une durée de suivi moyenne trois fois plus longue que la série prospective taïwanaise (110 ± 40 vs 37.5 ± 24.4 mois) avec un taux de répondeurs également supérieur aux 2 grandes séries publiées (99,4% vs 80,8% pour la série taïwanaise et 23,5% pour la série américaine). Dans notre étude, le taux récurrence du SVCR était faible (5,8%), sur une durée 3 fois plus importante que la série taïwanaise (incidence de 0,65/100 personnes/an vs 1,71/100 personnes/an).

    Deux facteurs de risque indépendants de la récidive ont été identifiés, l’existence d’une nouvelle HTA diagnostiquée lors du suivi et l’effort physique comme facteur déclenchant de la 1ère CCT, tandis que l’équipe taïwanaise avait identifié l’activité sexuelle comme facteur de risque indépendant de récidive du SVCR. De plus, c'est la 1ère étude s'interessant à la récidive en post-partum du SVCR chez les patientes ayant déjà eu un SVCR par le passé.

    Les patients ayant eu un SVCR ont un risque faible mais significatif de récidive de SVCR et de MCV. L’effort physique comme FD du SVCR 1 et le développement d’une hypertension après SVCR 1 sont des facteurs prédictifs de récidive.
     

 

  • Cette fibrinolyse, l'auriez-vous faite ?
    Abstract : E03 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    DESMAISON Annaick (Clermont-Ferrand) - Inter-Région : Rhône-Alpes-Auvergne


    L’IDARUCIZUMAB a fait sa preuve d’efficacité pour antagoniser le DABIGATRAN. Ce traitement peut rendre les patients éligibles à une fibrinolyse en cas d’AVC ischémique.

    Un homme de 72 ans aux nombreux facteurs de risque cardio-vasculaires et traité par DABIGATRAN pour une ACFA présente une hémiplégie gauche et une dysarthrie brutale. Il est admis en filière AVC et le score NIHSS à son arrivée est de zéro. Le dosage spécifique du DABIGATRAN est prélevé immédiatement. Le TDM cérébral met en évidence un thrombus M2 et un mismatch du territoire sylvien droit. Une réversion du DABIGATRAN par IDARUCIZUMAB est effectuée, suivie d’une fibrinolyse à 180 minutes du début des symptômes. Le NIHSS reste à zéro. Le dosage du DABIGATRAN se révèle bas. Il n’y a pas de transformation hémorragique. L’IRM de contrôle effectuée à J5 retrouve un AVC ischémique sylvien droit profond. A trois mois, le patient se plaint d’asthénie et d’un déficit des muscles releveurs du pied gauche fluctuant.

    Ce cas clinique illustre la sécurité d’emploi de l’IDARUCIZUMAB dans la prise en charge de l’AVC ischémique par fibrinolyse. Il est important de prélever dès l’arrivée du patient l’activité anti-Xa spécifique du DABIGATRAN. Un dosage bas peut permettre une fibrinolyse IV d’emblée. En pratique quotidienne, le délai d’obtention de ce dosage est trop long.

    L’utilisation de l’antidote du DABIGATRAN avant une fibrinolyse pour la prise en charge aigue d’un AVC ischémique semble sure, mais nécessite d’être validée par des études cliniques comparatives.
     

 

  • Évaluation de l’impact des stratégies de prise en charge et de la télémédecine sur le devenir de patients ayant un accident vasculaire cérébral ischémique avec une occlusion artérielle proximale
    Abstract : E04 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    KAMINSKY Anne-Laure (Nancy) - Inter-Région : Grand-Est


    We aimed to compare the 3-month outcomes of stroke patients with LVO (large vessel occlusion) after a first admission in a spoke center using telestroke compared to a direct CSC (comprehensive stroke center) admission in our large regional stroke network. All consecutive LVO patients within 6 hours following symptoms onset, from one of the six spokes and one regional CSC, were prospectively included from September 1, 2015, to August 31, 2017. The primary outcome was the 3-month favorable outcome (modified Rankin Scale score 0 to 2).

    Distances between spokes and the CSC ranged from 36 to 77 miles. Among the 207 included patients (mean age, 73.5 years), 132 (63.8%) were firstly admitted in the CSC and 75 (36.2%) in a spoke. IVT (intravenous thrombolysis) was significantly more performed in the spokes (81.3% versus 53.8%, p<0.0001), whereas MT (mechanical thrombectomy) was more and earlier performed in the CSC group (49.2% versus 26.7%, p=0.001) (mean time from symptoms onset to groin puncture: 200 min. vs. 303 min., p<0.0001). No difference was found concerning the 3-month favorable outcome (Odds ratio (OR)=0.68; 95% confidence interval (CI), 0.42-1.10; p=0.12) and the 3-month mortality (OR=1.71; 95% CI, 0.97-3.03; p=0.07). The rate of non-symptomatic intracranial haemorrhage was higher in the CSC group (OR=0.43; 95% CI: 0.26-0.71; p=0.001).

    Despite a less and longer access to MT for LVO patients managed by telemedicine, clinical outcome was similar for stroke patients with LVO firstly admitted in spokes versus in CSC in a large area with high distances between centers.
     

 

  • Ischémie cérébrale à heure de début inconnue : devenir des patients traités par thrombolyse intraveineuse ou thrombectomie mécanique
    Abstract : E05 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    TORTUYAUX Romain (Lille) - Inter-Région : Nord-Ouest


    Nous avons conduit une étude observationnelle chez des patients présentant une ischémie cérébrale traitée par rt-PA, thrombectomie mécanique ou les deux. Les patients avec une heure de début inconnue étaient traités si ils avaient un mismatch DWI/FLAIR ou une tomodensitométrie encéphalique interprétée comme normale, en cas de contre-indication à l’IRM. Nous avons évalué la survenue d’hémorragie cérébrale symptomatique et le pronostic par le score de Rankin modifié (mRS) à trois mois.

    La population étudiée a consisté en 992 patients (522 femmes, 52,6% ; âge médian 76 ans ; mRS ≤ 1 avant l’infarctus cérébral 732 patients, 73,8% ; NIHSS médian à l’admission 10 ; délai médian entre la découverte et la première revascularisation 150 minutes). 153 (15,4%) avaient une heure de début inconnue. En comparaison avec les patients à heure de début connue, ils avaient plus fréquemment un mRS >1 avant l’ischémie cérébrale (p=0,022), des infarctus multiples (p<0,001), une occlusion de l’artère cérébrale moyenne (p=0,023), une revascularisation par thrombectomie mécanique (p=0,003) et moins souvent par rt-PA (p<0,001). Ils avaient un plus haut score NIHSS (p<0,001) et un plus long délai entre la découverte et le premier geste de revascularisation (p<0,001). Ils développaient plus souvent une infection pulmonaire (p=0,001) ou urinaire (p=0,006), une embolie pulmonaire (p=0,019) et un décès (p=0,052) dans les 7 jours. Il n’y avait pas de différence concernant la survenue d’hémorragie cérébrale symptomatique (p=0,939).

    Après ajustement sur de potentiels facteurs de confusion, les ischémies cérébrales d’heure de début inconnue n’étaient pas de manière indépendante associés à la survenue d’hémorragie cérébrale symptomatique, d’un mauvais pronostic fonctionnel et de décès plus important à 3 mois.

    Les patients présentant une ischémie cérébrale à heure de début inconnue ont un déficit plus important et davantage de comorbidités. Après ajustement, leur pronostic ne diffère pas de celui des autres patients. Ces résultats sont conformes aux résultats récents de l'étude WAKE-UP.

    Ces résultats suggèrent que la revascularisation par rt-PA et par thrombectomie mécanique est sure, chez des patients sélectionnés par imagerie multimodale. En lien avec les derniers essais randomisés, ils ne doivent plus êtes systématiquement exclus des protocoles de revascularisation: la prise en charge de nos patients doit être personnalisée.
     

 

  • Neuroimaging determinants of post-stroke cognitive performance: the GRECogVASC study
    Abstract : E06 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    PUY Laurent (Amiens) - Inter-Région : Nord-Ouest


    We prospectively included patients with stroke from the GRECogVASC (Groupe de Réflexion pour l'Évaluation Cognitive Vasculaire) study who underwent 3-T MRI and a comprehensive standardized battery of neuropsychological tests 6 months after the index event. An optimized global cognitive score and neuroimaging markers including stroke characteristics, cerebral atrophy markers and small vessel diseases markers were assessed. Location of strategic strokes was determined using a specifically designed method taking into account stroke size and cerebral atrophy. A stepwise multivariable linear regression model was used to identify MRI determinants of cognitive performance.

    Data were available for 356 patients (mean age: 63.67 ± 10.6 years; 326 (91.6%) of the patients had suffered an ischemic stroke). Six months post-stroke, 50.8% of patients presented with a neurocognitive disorder. Strategic strokes [right corticospinal tract, left antero-middle thalamus, left arcuate fasciculus, left middle frontal gyrus and left postero-inferior cerebellum] (R2=0.225, p=0.0001), medial temporal lobe atrophy (R2=0.077, p=0.0001), total brain tissue volume (R2=0.028, p=0.004), and stroke volume (R2=0.013, p=0.005) were independent determinants of cognitive performance. Strategic strokes accounted for the largest proportion of the variance in the cognitive score (22.5%). The white matter hyperintensity burden, brain microbleeds and dilated perivascular spaces were not independent determinants.

    Optimized global cognitive score and combined approach of both quantitative measures related to structure loss and qualitative measures related to the presence of strategic lesion are required to improve the determination of structure-function relationship of cognitive performance after stroke.

 

  • Les thrombus intracrâniens possèdent une coque riche en plaquette qui participe à la résistance à la thrombolyse
    Abstract : E07 – Présenté sous forme de : Communication orale
    DI MEGLIO Lucas (Paris) - Inter-Région : Ile de France


    Cent soixante dix thrombi ont été analysé par immunohistologie et/ou microscopie électronique à balayage (MEB) et/ou soumis à une lyse in vitro. L'implication de la structure des thrombi dans la résistance à la thrombolyse a également été étudié à l'aide de thrombus formés in vitro à partir de sang total recalcifié.

    L’analyse des 164 thrombi par MEB et immunohistologie révèle que, bien que les thrombi soient hétérogènes dans leur forme et leur composition, une structure commune peut être dégagée : un cœur riche en globules rouges entouré d'une coque compact et dense faite de la concentration des différents composants cellulaires et moléculaires des thrombi (fibrine, facteur de Von Willebrandt, plaquettes agrégés). Alors que dans le cœur le réseau de fibrine est lâche et fait de fibres parfaitement individualisable, à la surface la fibrine forme une couche étanche et dense.

    La reproduction in vitro de cette structure a permis de mettre en évidence un rôle central des plaquettes dans la formation de la coque. Enfin à la fois pour les thrombus formés in vitro et les thrombus issus de thrombectomie, la coque s’est révélée résistante à la thrombolyse par rapport au cœur.

    Indépendamment de leur étiologie, et malgré leur hétérogénéité, les thrombus récupérés par thrombectomie possèdent une coque externe étanche faite de plaquettes agrégés et de fibrine leur conférant une résistance à la thrombolyse.