Abstracts : Neuro-oncologie

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  • Caractérisation moléculaire des astroblastomes de l’adolescent et de l’adulte
    Abstract : G01 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    BOISSEAU William (Paris) - Inter-Région : Ile de France


    Nous avons caractérisé par des approches de biologie moléculaire haut débit une série rétrospective de 16 cas d’astroblastomes diagnostiqués chez 15 adultes et 1 adolescent.

    nous avons identifié un seul cas d’astroblastome comportant la fusion génique MN1-BEND2 correspondant au seul adolescent de notre cohorte (âgé de 15 ans au diagnostic). Les profilages pangénomiques, épigénétiques et génétiques, ont permis d’identifier deux principaux groupes d’astroblastomes MN1-BEND2 négatifs, les astroblastomes : (i) pseudo-xanthoastrocytomes pléomorphes (PPXA) et, (ii) pseudo-gliomes diffus de grade IV (PGDG4). Trois des 16 cas sont restés inclassables après profilage génétique (profil de méthylation non réalisé). Les 8 cas du groupe PPXA présentaient tous une mutation du gène BRAF (7 mutations V600E et 1 mutation G466E) et une expression de CD34. Les 4 cas du groupe PGDG4 présentaient des mutations caractéristiques des gliomes de grade IV –i.e. glioblastome et gliome diffus de la ligne médiane- et un pronostic réservé. Les altérations de la voie MAP kinase étaient particulièrement fréquentes dans ces deux groupes (75% des cas) et étaient surreprésentées au sein du groupe PGDG4.

    Les astroblastomes MN1-BEND2 positifs semblent être une entité tumorale : (i) touchant essentiellement l’enfant et l’adolescent et, (ii) exceptionnelle chez l’adulte. Les astroblastomes de l’adulte, majoritairement MN1-BEND2 négatifs, ont des profils moléculaires voisins de ceux des PXA ou GDG4.

    Un aspect histologique d’astroblastome chez l’adulte doit conduire à une étude moléculaire approfondie pour un diagnostic histomoléculaire précis et pour l’identification d’altération moléculaire actionnable notamment de la voie MAP kinase.
     

 

  • Bevacizumab : intérêt de posologies inférieures dans le traitement des glioblastomes à la récidive ?
    Abstract : G02 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    SIRVEN-VILLAROS Lila (Nice) - Inter-Région : Sud


    Le bevacizumab (BEV) a été approuvé par la FDA pour les glioblastomes récidivants sur des réponses radiologiques à dix mg/kg en bimensuel. Malgré le refus d’AMM vu l’absence de preuve d’efficacité sur la survie globale, de nombreux centres européens le prescrivent. Notre objectif était d’évaluer l’efficacité et la tolérance de doses plus basses de BEV pour les glioblastomes récidivants. Nous avons inclus de septembre 2013 à août 2016 des glioblastomes récidivants quels que soit les traitements antérieurs. À la dose habituelle de dix mg/kg (GC), nous avons comparé des doses plus basses (GB) réparties en cinq sous-groupes : G5 : cinq mg/kg, G4 : quatre mg/kg, G3 : trois mg/kg, G2 : deux mg/kg, G1 : un mg/kg. Chaque patient recevait la même dose toutes les deux semaines.

    Cinquante-trois patients ont été traités : 20 femmes et 33 hommes, 24 dans GC, 29 dans GB. L’âge médian au diagnostic était de 62 ans [35–77]. La survie globale médiane était comparable entre les groupes, avec même une tendance à l’amélioration dans GB : 62 semaines [20–145] pour GC et 73 semaines [18–178] pour GB, p = 0,086. Aucune différence n’est apparue parmi les sous-groupes (p = 0,251). La survie sans progression était comparable avec une médiane de 19,5 semaines [6,0–54,0] pour GC ; de 15,0 semaines [0,0–134,0] pour GB, p = 0,221. Les causes d’arrêt thérapeutique étaient superposables : 58 % pour toxicité dans GC et 52 % dans GB (avec 17 % dans G1).

    Les données de survie de notre cohorte sont superposables à celles de la littérature alors que nos patients étaient non sélectionnés et avaient un état général moins bon et que le BEV était utilisé souvent dans des lignes de traitement plus avancées. L'analyse en sous groupe de dose avait montré une tendance à la réduction du pourcentage de toxicité avec seulement 17% de cause iatrogène à l'arrêt dans le G1 versus 58% dans le GC. Le seul facteur influençant de façon statistiquement significative l'évolution sous traitement était l'age au diagnostic du glioblastome qui était inversément corrélé à la durée de traitement par BEV. Nous avons également montré que les effets radiologiques du BEV tant sur le plan anti-oedémateux que sur le versant anti-angiogénique pouvaient être retrouvés pour les doses les plus basses de BEV.

    Utiliser le BEV à des doses plus faibles à la progression de glioblastomes semble entraîner le même effet radiologique et thérapeutique sans toxicité surajoutée. D'autres études sont nécessaires, notamment sur l'utilisation du BEV à basses doses en vie réelle.