Abstracts : Cognition

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  • Le circuit de Papez fonctionne-t-il comme une boucle ?
    Abstract : A01 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    RULQUIN Florence (Toulouse) - Inter-Région : Sud-Ouest


    Il s’agit d’une comparaison quantitative et rétrospective des effets cliniques et électriques (post-décharges/PD, potentiels évoqués cortico-corticaux/CCEP) induits par les SEIC de la région cingulaire postérieure et des autres structures limbiques appartenant au circuit de Papez (l’amygdale, le cortex rhinal, l’hippocampe et le cortex cingulaire antérieur) chez les patients épileptiques explorés en SEEG au CHU de Toulouse (novembre 2008 – mai 2018).

    Nous avons collecté 93 SEIC de la région cingulaire postérieure (RCP) parmi 3536 SEIC chez 44 patients implantés avec au moins une électrode dans la RCP. Nous n’avons trouvé aucun symptôme induit par une SEIC de la RCP en lien avec la mémoire à long terme. Après comparaison avec les SEIC des autres structures du circuit de Papez, nous démontrons une proportion asymétrique d’effets électriques, induit par une SEIC de la RCP (seulement 32 %, locaux ou à distance de la RCP) ce qui contraste avec les taux d’effets électriques obtenus par SEIC de l’amygdale (58,1%, p<0,001), de l’hippocampe antérieur (57,3 %, p<0,.001), de l’hippocampe postérieur (60,3 %, p<0,001) et du cortex rhinal (63, 8 %, p<0,001). Les SEIC de la RCP étaient seulement capables d’induire des CCEP dans l’hippocampe (3,7 % dans l’hippocampe antérieur et 33,3 % dans l’hippocampe postérieur), ce qui contraste avec l’obtention de CCEP et de PD dans la RCP par les SEIC de la plupart des structures temporales médiales (14,6 % à partie de l’amygdale, 23,3% à partir de l’hippocampe antérieur, 27,5 % à partir de l’hippocampe postérieur, 20,6% à partir du cortex rhinal). Les paramètres électriques de SEIC étaient similaires pour les différentes structures du circuit de Papez.

    Nos résultats suggèrent que les SEIC actuelles de la RCP sont incapables d’activer le réseau de la mémoire à long terme en dépit de modifications électrophysiologiques dans l’hippocampe. Deux hypothèses méritent d’être approfondies : (1) Une absence d’effet en raison de paramètres électriques inappropriés et spécifiques à chaque structure stimulée, pour activer l’ensemble du réseau ou (2) la RCP est une porte fermée au sein du circuit de Papez pour la SEIC en raison de l’architecture inhérente du réseau. Ces résultats interrogent sur la valeur ou l’intérêt des informations réentrantes dans l’hippocampe en provenance du circuit de Papez.

    Cette étude confirme que les stimulations électriques du cortex cingulaire postérieure ne sont pas capables, avec les paramètres de stimulation actuels, d'activer le circuit de la mémoire à long terme. Une étude incluant une plus grande proportion de stimulations ainsi qu'une localisation plus précise des électrodes au sein du cortex cingulaire postérieure mériterai d'être menée.
     

 
  • Apport de l’évaluation neuropsychologique dans la gestion des commotions cérébrales chez le sportif
    Abstract : A02 – Présenté sous forme de : Communication affichée
    MOHR Sophie (Dijon) - Inter-Région : Grand-Est


    Les commotions cérébrales dans la pratique sportive, particulières puisqu’à haut risque de répétition, représentent un véritable enjeu de santé publique actuellement. L’amélioration de l’identification des joueurs exposés à un risque de syndrome post-commotionnel ou de complications à long terme est cruciale et le perfectionnement des outils diagnostiques doit être une priorité. Objectif : Décrire la complexité de l’évaluation cognitive des sportifs ayant subi une commotion cérébrale et rendre compte de l’utilité de l’évaluation neuropsychologique informatisée dans la gestion de cette population particulière. Nous avons recensé les joueurs adressés en consultation spécialisée commotion au CMRR du CHU de Dijon entre septembre 2015 et septembre 2018, puis nous avons collectés rétrospectivement leur données cliniques et neuropsychologiques notamment via des tests attentionnels informatisés (TAP). Nous avons ensuite réalisé une comparaison individuelle entre l’évaluation initiale et celle réalisée à 30 jours de la phase aiguë.

    Trente-deux athlètes ont été inclus dans notre population. Sur le plan attentionnel, près d’un tiers des sujets ont amélioré leur performance malgré des résultats déjà dans les normes à la première consultation (n=11). De plus, la comparaison systématique de chaque test retrouvait une différence statistiquement significative pour les subtests de la TAP « attention divisée » et « alerte phasique » (respectivement p=0,03 et p=0,07). Enfin, les tests papier-crayon conventionnels ne mettaient pas en évidence de différence significative.

    Notre étude montre donc l’importance de l’évaluation cognitive dans la gestion des commotions cérébrales, notamment à travers des tests informatisés, qui semblent être plus sensibles que les tests conventionnels. De plus, les joueurs semblent présenter des performances attentionnelles plus hautes que la population générale, expliquant le nombre important de résultats « normaux » dans notre évaluation initiale.

    Ainsi, il serait intéressant d’établir de nouvelles normes afin d’améliorer la sensibilité de la détection d’une fragilisation des capacités cognitives dans les suites d’une commotion cérébrale.